Figurations Un autre art d’aujourd‘hui Ed. in fine
Figurations
Un autre art d’aujourd‘hui
Ed. in fine
Guy Boyer, commissaire de l’exposition de la
maison Caillebotte à Yerres raconte dans le
catalogue les luttes auxquelles il a dû se soumettre pour bâtir l’exposition, à la fois contre
des conservateurs trop enclins à défendre un
certain art contemporain, et contre ceux qui
voulaient y introduire tel ou tel peintre réaliste
incontournable. Car, quelle figuration montrer
et défendre ? Il semble qu’il y aurait autant de
figurations que de regards portés sur la peinture.
Cette complexité explique le «s» du titre, qui
insiste sur la pluralité des figurations. L’exposition présente deux volets, l’un plus ancien qui
a retenu 35 artistes comme Lesieur, Truphémus,
Dado, Rustin, Cremonini, Szafran, Aillaud…
dont les œuvres ont nourri le travail des plus
jeunes du second volet. Ces peintres plus jeunes
sont présentés 3 par 3 dans l’Orangerie de
Yerres, pour rendre correctement compte de
leur travail. Ils sont la génération actuelle qu’il
faut défendre. Dans son essai, Guy Boyer revient
aussi sur quelques figures incontournables dans
ce retour de la peinture, au premier rang desquels Jean Clair. «Considérations sur l’état des
beaux-arts» paraît en 1983 avec le sous-titre
« critique de la modernité ». Sous la plume de
ce conservateur au centre Pompidou puis au
musée Picasso, d’abord défenseur pourtant de
Marcel Duchamp et de l’art contemporain, le
chapitre «retour au dessin » souligne l’importance du dessin chez Goethe remarquant que
« ce que je n’ai pas dessiné, je ne l’ai pas vu ».
Sa position de spécialiste de Duchamp ou de
l’art contemporain l’a mis à l’abri pour un temps
des reproches du camp adverse. Ce temps fut
court, mais suffisant pour qu’il réussisse à se
positionner à la fois comme classique, moderne
et contemporain. Loin de toute position sectaire,
Jean Clair regarde d’abord les œuvres, et a
écrit des pages admirables sur Szafran, Music
et de nombreux peintres, aujourd’hui remis à
l’honneur. Parmi les autres grands défenseurs
de ce Retour, le catalogue présente aussi trois
entretiens de Guy Boyer avec Daniel Marchesseau, lui aussi conservateur des musées et qui
a beaucoup contribué à la reconnaissance
actuelle de Sam Szafran, avec Ger Luijten,
directeur de la fondation Custodia qui présentait régulièrement des artistes contemporains
comme Charles Donker, ou avec Claire Bernardi, actuelle directrice du musée de l’Orangerie qui nous annonce ici quelques-uns des
futurs grands évènements de l’institution. Le
catalogue présente ensuite chacun des artistes
présents dans l’exposition par un texte synthétique sur son œuvre et quelques reproductions