« Eugène Boudin. Le père de l’impressionnisme. Une collection particulière ». musée Marmottan Monet jusqu’au 31 août

Yann Guyonvarc’h a réuni une collection exceptionnelle d’œuvres du peintre qui sont le cœur de l’exposition : 80 œuvres exposées en proviennent, auxquelles il faut ajouter le fond du musée lui- même et quelques œuvres des musées d’Agen et du Havre. L’exposition est monumentale et permet de couvrir l’ensemble de son œuvre. elle présente des tableaux de tous les sujets et thèmes abordés par Boudin, et quelques toiles des impressionnistes plus jeunes que lui, dont Monet, qu’il initia à la peinture en plein air.

« Trouville, scène de plage, le parasol jaune » (détail), par Eugène Boudin, 1887
« Trouville, scène de plage, le parasol jaune » (détail), par Eugène Boudin, 1887

L’exposition présente aussi quelques-unes des caricatures de Monet par lesquelles il se fit d’abord remarquer par Boudin, et qui pourtant sut l’en éloigner : Monet était, grace à l’apport de Boudin, appelé à dervenir le meneur de ce mouvement avantgardiste, puis avec l’apport des Nymphéas à la fin de sa vie, un des principaux peintres modernes.

« caricature de Jules Hsson Champfleury » (1821-1889) »par Monet
« caricature de Jules Hsson Champfleury » (1821-1889) »par Monet

L’exposition présente aussi quelques-un des fabuleux dessins de Boudin.

vue de l’exposition jusqu’au 31 août au musée Marmottan
vue de l’exposition jusqu’au 31 août au musée Marmottan

On oublie en effet que Boudin n’a pas peint que les pochades qui l’ont rendu célèbres auprès des futurs impressionnistes. Il a réalisé aussi des peintures composées de manière classique après de multiples esquisses, composées ensuite pour être reprise sur une toiles plus ambitieuse présentée au salon. C’est le cas par exdemple de « anvers, la flotte anglaise vient prendre les restes des soldats enterrés dans la citadelle » de 1871 (cat 78). ce travail de croquis était constant.

« anvers, la flotte anglaise vient prendre les restes des soldats enterrés dans la citadelle »par Boudin en 1871
« anvers, la flotte anglaise vient prendre les restes des soldats enterrés dans la citadelle »par Boudin en 1871
esquisse préparatoire de « anvers, la flotte anglaise vient prendre kles restes des soldats enterrés dans la citadelle »par Boudin en 1871, donnée par Boudin au musée de sa ville natale
esquisse préparatoire de « anvers, la flotte anglaise vient prendre kles restes des soldats enterrés dans la citadelle »par Boudin en 1871, donnée par Boudin au musée de sa ville natale

Dans l’interview que Laurent Manœuvre, commaissaire de l’exposition, donne au Figaro, il remarque
« Boudin sait ce qu’il veut peindre, en particulier les effets de lumière et d’atmosphère.
Il n’est pas dans l’expérimentation hasardeuse, mais dans une recherche constante de la vérité de la nature, notamment à travers les ciels, la mer et les variations climatiques. Cet aspect instantané de ses œuvres ne doit pas nous leurrer : c’est un gros travailleur, son approche est rigoureuse et construite, avec un travail préparatoire important, des croquis, des études, avant d’aboutir aux œuvres finales. Il a beaucoup produit, mais il a surtout énormément travaillé ! Près de quatre mille tableaux et six mille quatre cents dessins dans le fonds d’atelier conservé au Louvre ! Il y a peu d’équivalents au XIXe siècle : Gustave Moreau a produit plus de six mille cinq cents dessins, Delacroix, plus de cinq mille, tout comme Chassériau. »

« bateaux et pêcheurs »par Boudin (crayon et aquarelle)
« bateaux et pêcheurs »par Boudin (crayon et aquarelle)