apparition de l'art moderne aux USA
I. apparition de l’art moderne.
En janvier 1939, Pollock voit Guernica dans une galerie de New York. En novembre 1939, il voit Les Demoiselles d’Avignon dans une des premières expositions que le jeune MoMA consacre à Picasso, Forty Years of His Art (le musée s’est ouvert en 36 avec l’exposition Cubism and abstract art). Ces deux choc réveillent le jeune peintre, comme toute l’avant-garde américaine.
En 1939, Greenberg publie « avant-garde et kitsch » dans le Partisan Review. Le choix du mot allemand Kitsch signifiait bien que le jeune critique en appelait à des conceptions issue du vieux monde européen. Greenberg expliquait combien le kitsch permettait aux masses d’accéder à une culture, mais que celle-ci n’était plus qu’un pâle reflet de la véritable culture. Ainsi en était-il des magazines,de la publicité, des BD et des films hollywoodiens. Greenberg en appelle à l’art de Hans Hoffmann, vieil ami des maîtres européens, Kandinsky, Picasso… Cet artiste cherchait l’expression d’un absolu et ne le trouvait que dans la peinture elle-même, non dans les sujets traités. Dans l’essai Toward a New Laocoon publié en 1940, Greenberg intervertit les positions que Lessing conférait aux arts plastiques et à la poésie dans son célèbre Laocoon publié au XVIIIème. L’art devait gagner son autonomie par rapport à la littérature.
l’abstraction avait bien permis « l’expression du moi intérieur aussi directement que possible », mais cela imposait un abstraction totale, loin de toute imitation et de toute imagination personnelle. Les artistes furent alors devant un un grave dilemne : comment représenter son moi tout en utilisant une « voix vivante » et non abstraite? On comprend alors les expositions d’art primitif que Barnett Newmann défendait alors, à la recherche de racines anthropologiques communes à tous. Ses réflexions seront publiées dans « le sublime est maintenant » en 1948 (cf ci-dessous).

le titre joue sur l’unité (One) qui redonne son aura à l’oeuvre, tout en rejetant l’ornement vers lequel l’abstraction tend toujours facilement. à l’issue d’une controverse légendaire entre le peintre et Panofsky, une exposition eut lieu en 1950 à la galerie Betty Parsons à l’occasion de laquelle Newman publia un nouveau texte : les œuvres n’était présentées ni comme des descriptions d’idées pures, ni comme des abstractions, mais comme des personnes qui incarnaient des sentiments.
l’oeuvre ne cherchait pas à être belle, mais à atteindre une sorte d’absolu. Cet absolu était atteint dans le partage d’ »émotions absolues » avec le spectateur : « l’image que nous produisans possède l’évidence d’une révélation réelle, qui peut-être comprise par tout un chacun ». Cela impliquait néanmoins que l’artiste oublie toute l’histoire de l’art pour ne plus tendre que vers la communiion avec le spectateur.