pierre noire de Seurat

Au milieu du XIX siècle, après la précision du dessin néo-classique (qui mènait à une certaine austérité, ou dureté) après l’engouement du dessin romantique aussi, Courbet ou Millet reviennent à une légèreté plus proche du dessin rococco du XVIIIème.
Dans ce dessin de Juliette, Courbet utilise encore la ligne, le contour, mais les dégradés sont infiniment plus modulés.

Millet a été très attentif au dessin de Boucher par exemple, qui utilisait souvent la sanguine et la pierre noire. Ces outils lui permettent à la fois du contours et des hachures modulées.

Millet entrecroise ses hachures jusqu’à ce qu’elles disparaissent presque complètement.
Quelques années plus tard, Seurat reprendra ce travail à partir de là.
A son entrée à l’école des Beaux-Arts en 1880, il décide de se consacrer d’abord au dessin pour résoudre complétement l’impossibilité de limiter une forme à un contour. Peu à peu, toute trace de hachure disparaît, entre 1880 et 1882.



Cela lui permet de relier chacun des motifs entre eux.
Notre oeil passe ainsi d’une forme à une autre. Il relie entre eux les blancs, les lumières, et de même les ombres. Cela lui permet de concevoir les formes non comme un enchainement de différents motifs, mais comme un tout. Notre oeil devient véritablement mobile.
Notre oeil est attiré par les contrastes les plus violents, comme dans le “dîneur” de Seurat où les parties de la serviette blanche mettent la bouteille en valeur.

*je vous propose de travailler comme Seurat, en croisant les très légères hachures jusqu’à ce qu’elles disparaissent comme ci-dessus. Il ne faut rien cerner, aucun contour, de façon à ce que les lumières et les ombres permettent au regard de circuler d’une forme à une autre. Partons de la nature morte suivante :

voici quelques dessins reçus



Dans les trois dessins reproduits ci-dessus, on peut apprécier la finesse des dégradés et l’absence de tout contour qui permet à chaque forme de se fondre dans ses voisines si les valeurs y sont proches, ou au contraire s’en détacher. Cela crée un espace pelin de dynamisme. Attention cependant à éviter tout estompe car les gris alors obtenus -l’estompe comble les espaces entre les grains du papier - perturbent cette finesse. L’oeil pert de sa mobilité.
voici deux nouvelles natures mortes :


voici quelques dessins



