pierre noire de Seurat

Courbet « dessin de Juliette » crayon vers 1840
Courbet « dessin de Juliette » crayon vers 1840

Au milieu du XIX siècle, après la précision du dessin néo-classique (qui mènait à une certaine austérité, ou dureté) après l’engouement du dessin romantique aussi, Courbet ou Millet reviennent à une légèreté plus proche du dessin rococco du XVIIIème.
Dans ce dessin de Juliette, Courbet utilise encore la ligne, le contour, mais les dégradés sont infiniment plus modulés.

Courbet « liseuse endormie » fusain et estompe 1849
Courbet « liseuse endormie » fusain et estompe 1849

Millet a été très attentif au dessin de Boucher par exemple, qui utilisait souvent la sanguine et la pierre noire. Ces outils lui permettent à la fois du contours et des hachures modulées.

Millet « la pêche aux homards » pierre noire
Millet « la pêche aux homards » pierre noire


Millet entrecroise ses hachures jusqu’à ce qu’elles disparaissent presque complètement.

Quelques années plus tard, Seurat reprendra ce travail à partir de là.

A son entrée à l’école des Beaux-Arts en 1880, il décide de se consacrer d’abord au dessin pour résoudre complétement l’impossibilité de limiter une forme à un contour. Peu à peu, toute trace de hachure disparaît, entre 1880 et 1882.

Seurat « femme cousant » pierre noire 1880-81
Seurat « femme cousant » pierre noire 1880-81
Seurat pierre noire 1881
Seurat pierre noire 1881
   Seurat « femme cousant » pierre noire 1881
Seurat « femme cousant » pierre noire 1881

Cela lui permet de relier chacun des motifs entre eux.

Notre oeil passe ainsi d’une forme à une autre. Il relie entre eux les blancs, les lumières, et de même les ombres. Cela lui permet de concevoir les formes non comme un enchainement de différents motifs, mais comme un tout. Notre oeil devient véritablement mobile.

Notre oeil est attiré par les contrastes les plus violents, comme dans le “dîneur” de Seurat où les parties de la serviette blanche mettent la bouteille en valeur.

Seurat, Le Dîneur, vers 1883-1884.
Seurat, Le Dîneur, vers 1883-1884.

*je vous propose de travailler comme Seurat, en croisant les très légères hachures jusqu’à ce qu’elles disparaissent comme ci-dessus. Il ne faut rien cerner, aucun contour, de façon à ce que les lumières et les ombres permettent au regard de circuler d’une forme à une autre. Partons de la nature morte suivante :

nature morte 1 d’après Morandi
nature morte 1 d’après Morandi


voici quelques dessins reçus

Emilie
Emilie
Pascale
Pascale
Jean-Luc
Jean-Luc

Dans les trois dessins reproduits ci-dessus, on peut apprécier la finesse des dégradés et l’absence de tout contour qui permet à chaque forme de se fondre dans ses voisines si les valeurs y sont proches, ou au contraire s’en détacher. Cela crée un espace pelin de dynamisme. Attention cependant à éviter tout estompe car les gris alors obtenus -l’estompe comble les espaces entre les grains du papier - perturbent cette finesse. L’oeil pert de sa mobilité.

voici deux nouvelles natures mortes :

nature morte 2
nature morte 2
nature morte 3
nature morte 3

voici quelques dessins

Catherine
Catherine
Emilie
Emilie
Hélène
Hélène
jean-luc
jean-luc