graphisme sur l'épaisseur des lignes
Vasarely ou quelques autres graphistes proches de l’Op art des années 60-70 ont eux aussi beaucoup travaillé sur la qualité d’une ligne très variée.
Ils utilisent la ligne et la font varier de largeur pour signifier les volumes sans utiliser les ombres et les dégradés. Les rayures s’élargissent quand le tissus rayé est convexe ou face à nous, et s’amincissent lorsqu’il est de profil.

On peut travailler sur des drapés avec des tissus rayés comme celui-ci. les ruptures ou la largeur des bandes indiquent le volume de l’objet recouvert.

voici quelques dessins obtenus avec ces consignes.



On peut regretter la trop grande régularité des largeur du trait chez Jean-Luc (ce qui ne crée pas de volume ni d’expression) et les chevauchements de traits chez Catherine (ce qui entraine une confusion dans notre perception, même si le dessin est beau en lui-même). Cela est moins vrai chez Pascale, et Emilie et Michel construisent de très beaux dessins par cette méthode.

Dans un second temps, nous nous sommes moins astreints à suivre les plis du drapé pour créer un espace plus imaginaire.
Emilie2
Le paysage d’Emilie invite au voyage imaginaire.
je vous propose maintenant d’utiliser ces études graphiques pour réaliser une nature morte ou un paysage, en nous basant sur les exemples suivants de dessins au bambou et à l’envcre réalisés par Van Gogh:
Van Gogh 1 au bambou et encre
Van Gogh 2 au bambou et encre
Van Gogh 3 au bambou et encre
tentons d’appliquer cette façon de faire sur un des paysages grecs suivants :
Leucade. Baie de Vlikho
Leucade. Les jardins de Laerte
Ithaque. Port de Molos
Leucade. Les jardins de Laerte
Chio. Anavato
Pyrghi
voici quelques dessins réalisés
Jean-Luc sur la Baie de Vlikhos
Jean-Luc sur son dessin de la Baie de Vlikhos ne me semble pas assez jouer avec les signes graphiques.
Il faudrait en inventer davantage, plutôt que de varier les valeurs. Van Gogh joue davantage sur les contrastes entre les signes, comme il le fait avec les couleurs sur ses toiles. Mais il ne travaille plus plutôt les valeurs.
Sans doute est-ce la volonté de ne pas donner trop de présence aux objets représentés. Les ombres permettent aux objets de s’incarner, de leurs donner une présence. Mais pas les couleurs, ni les signes graphiques. Cette réflexion est au centre de nombreuses toiles de la renaissance, de même qu’en cette période charnière, peu avant l’apparition de l’art abstrait.
Jean-Luc
C’est justement ce qu’on voit sur le deuxième paysage de Jean-Luc. Les zones sombres sont mieux intégrées au reste du dessin et permettent au regard de vagabonder sur la feuille.
Emilie
De même sur le paysage d’Emilie qui intègre même le ciel dans le reste de son travail sur les feuilles.
La dernière étape de ce travail graphique aura pour but d’aller plus loin dans notre création personnelle, plus loin dans l’utilisation des lignes, points et autres signes graphiques que nous avons utilisés ces dernières semaines. Le paysage lui-même ne serait plus qu’un prétexte. Le mieux serait de partir de nos derniers dessins, comme ceux reproduits ci-dessus, et de nous nourrir des rythmes établis dans leurs dessins par Kandinsky dans Klänge ou par de Staël, ou Kupka, dont je vous donne quelques exemples ci-dessous, dans lesquels les artistes se concentrent sur le rythme des lignes de leur motif
Nicolas de Staël
Nicolas de Staël
Dans le premier paysage, De Staël se concentre sur le rythme. Dans le second, il n’y a presque plus de présence du motif. Seule la ligne s’exprime, tout en gardant une mémoire du réel qui a suscité notre émotion.
Nicolas de Staël
Nicolas de Staël
De nombreux artistes travaillent ainsi à partir de la mémoire de ces rythmes observés, comme Kirkeby.
Gravure de Kirkeby
voici quelques dessins réalisés à partir de la photo de Avanato à Chio, reproduite un peu plus haut.
« Chio. Anavato » par Elisabeth (encre et calame)
« Chio. Anavato » par Catherine (encre et calame)
« Pyrghi » par Hélène (encre et calame)
« Chio. Anavato » par Catherine Berne (encre et calame)
Ces dessins sont très beaux dans l’équilibre établi entre les lignes et les surfaces pleines ou vides. Il faut en effet prendre garde à établir un rythme entre tous les éléments du dessin et toutes les surfaces.
Ces deux dessins restent très figuratifs. Celui de Catherine en particulier. On peut profiter de ce dessin pour donner encore plus de liberté aux lignes trouvées sur le papier. Je vous recommande à ce sujet l’exposition actuelle au Centre Pompidou, qui réunit les dessins que Penone à donnés pour la collection du MNAM.
Penone « dessin illustrant Maldoror de Lautréamont »
Penone « foglie » 1990
Penone incorpore souvent des empreintes dans son travail, qu’il traite avec des matériaux divers. Mais la compositions des formes continue à suivre les mêmes règles de composition qu’autrefois. Il continue à tenir compte des rythmes.