la sculpture monumentale et commémorative fin XIXème

Exaltation des gloires nationales au XIX°

Dès la fin du XVIII°, apparaît la conviction que la vue permet la mémorisation.
cela entraine pour les artistes la commande de tableaux historiques et de statues de grands hommes.

XIX° = siècle de l’histoire.
En effet, au XIXe, on pense que l’étude du passé permet la compréhension du présent et l’orientation du futur.
1816. Louis XVIII commande 12 statues de grands hommes (Suger, Condé…)pour affirmer la continuité de la monarchie par delà la révolution.
1833. Décision d’ouvrir un musée d’histoire à Versailles. Sa célèbre galerie des batailles sera inaugurée en 37 avec aussi beaucoup de portraits peints ou sculptés.

« Ce que le roi Louis-Philippe a fait à Versailles, est beau. Avoir accompli cette œuvre… C’est avoir donné à ce livre magnifique qu’on appelle France cette magnifique reliure qu’on appelle Versailles. » Victor Hugo. 1837

En parallèle à Versailles, Louis Philippe passe des commandes de sculptures pour les Jardins du Luxembourg avec un grand souci d’exactitude.

Le néo-baroque de la 3° république veut éblouir pour mieux asseoir son pouvoir… comme autrefois le baroque voulait convaincre le fidèle face à la Réforme.
Au sommet du grand-palais ses chevaux signifient vive le mouvement, le progrès l’avenir…

« Monument à Pasteur Pl. de Breteuil ».Falguière.1896
« Monument à Pasteur Pl. de Breteuil ».Falguière.1896

Le monument connaît un grand succès sous le troisième république, la statue montrant l’exemple au peuple. Comme à la renaissance, ou encore dans l’antiquité romaine, la sculpture est un modèle qui invite le citoyen à suivre son exemple.
Chaque carrefour en est bientôt pourvu… Mais cela crée bientôt de la surcharge dans l’espace urbain ce qui expliquera son rejet progressif.

« Hotel-de-Ville »(Ballu et Deperthes 1874-1882)
« Hotel-de-Ville »(Ballu et Deperthes 1874-1882)

La scultpure est alors souvent asservie à son intégration dans un bâtiment : le meilleur exemple en est l’Hotel de ville de paris Le bâtiment est reconstruit entre 1874 et 1882 sur les plans des architectes Théodore Ballu et Édouard Deperthes. La façade principale, de style Renaissance, est une reconstitution à l’identique de celle du bâtiment disparu pendant la communee.

En effet, depuis la renaissance, l’ornement dans l’architecture, sert à expliciter la fonction du bâtiment. C’est Alberti qui décrit cette fonction dès son texte fondateur au début de la renaissance (De re aedificatoria. 1485).

Projet de Chalgrin pour l’arc de triomphe de l’Étoile.
Projet de Chalgrin pour l’arc de triomphe de l’Étoile.

La sculpture n’est pourtant pas toujours aussi rabaissée à des fins d’ornement de l’architecture. Dans le cas de l’arc de triomphe dessinné par Chlagrin en 1806, les sculptures qui l’ornent ont parfois réussi à gagner une certaine autonomie, comme la « marseillaise » de Rude. 1792).

Mais au XIX°, le bâtiment n’est plus dirigé que par l’architecte. Ce n’est plus une œuvre commune. Rodin entend alors redonner indépendance et autonomie à la statuaire.
« Tandis qu’il était occupé à la Bourse de Bruxelles (1871), il dut sentir qu’il n’y avait plus d’édifices qui assembleraient autour d’eux les œuvres de la statuaire, ainsi que l’avaient fait les cathédrales, ces grands aimants de la plastique d’un temps passé. La statue était seule comme était seul le tableau de chevalet (…)
Elle était une chose qui pouvait subsister pour elle-même et il était bon de lui prêter entièrement la vie d’une chose dont on pourrait faire le tour et qu’on pouvait considérer de toues les côtés (…)
Elle devait être intercalée dans la durée traquille de l’espace et dans ses grandes lois. Dans l’air qui l’enveloppait on devait l’introduire comme dans une niche et lui donner ainsi une sécurité, un maintien et une hauteur qui dépendaient de sa seule existence et non pas de sa signification. »
Rilke