1917. Duchamp : quelques citations

  1. dans « Duchamp du signe » éd. flammarion

 

Rrose Sélavy trouve qu’un incesticide doit coucher avec sa mère avant de la tuer; les punaises sont de rigueur.

 

Rrose Sélavy et moi esquivons les ecchymoses des esquimaux aux mots exquis.

 

Question d’hygiène intime:
Faut-il mettre la moelle de l’épée dans le poil de l’aimée?

 

Abominables fourrures abdominales.

Parmi nos articles de quincaillerie paresseuse, nous recommandons le robinet qui s’arrête de couler quand on ne l’écoute pas.

 

La mode pratique, création Rrose Sélavy :
La robe oblongue, dessinée exclusivement pour dames affligées du hoquet.

 

La différence entre un bébé qui tète et un premier prix d’horticulture potagère est que le premier est un souffleur de chair chaude et le second un chou-fleur de serre chaude.

 

Nous livrons à domicile :
Moustiques domestiques (demi-stock).

 

Des bas en soie… la chose aussi.

 

À charge de revanche; à verge de rechange.

 

À coups trop tirés.

 

Litanie des saints:
Je crois qu’elle sent du bout des seins.
Tais-toi, tu sens du bout des seins.
Pourquoi sens-tu du bout des seins?
Je veux sentir du bout des seins.

 

Opalin; O ma laine.
Avoir de l’haleine en dessous.

 

Un mot de reine; des maux de reins.

 

Caleçons de musique (abréviation pour :leçons de musique de chambre).

 

Le meilleur des savons est le savon aux amendes honorables.

 

Il faut dire :
La crasse du tympan, et non le Sacre du Printemps.

 

La bagarre d’Austerlitz.

 

My niece is cold because my knees are cold.

 

Daily Lady cherche démêlées avec Daily Mail.

 

Une cinq chevaux qui rue sur pignon.

 

Une nymphe amie d’enfance.

 

Ovaire toute la nuit.

 

Se livrer à des foies de veau sur quelqu’un.

 

Le système métrite par un temps blénorrhagieux.

 

Du dos de la cuiller au cul de la douairière.

 

Paroi parée de paresse de paroisse.

 

Prendre 1 centimètre cube de fumée de tabac et en peindre les surfaces extérieures et intérieure d’une couleur hydrofuge.

 

Aiguiser l’ouïe (forme de torture).

 

Quand on a un corps étranger entre les jambes,
il ne faut pas mettre son coude près des siennes.

 

Faut-il réagir contre la paresse des voies ferrées entre deux passages de trains.

 

Si je te donne un sou, me donneras-tu une paire de ciseaux?

 

Une boîte de Suédoises pleine est plus légère qu’une boîte entamée parce qu’elle ne fait pas de bruit.

 

Bains de gros thé pour grains de beauté.

 

Fossettes d’aisances.

 

Nous nous cajolions (nounou  cage aux lions).

 

M’amenez-y.

 

Étrangler l’étranger.

 

Orchidée fixe.

 

Abcès opulent.

 

Anemic cinema.

 

Lits et ratures.

 

2. divers

 » se servir d’un Rembrandt comme planche à repasser » repris du dictionnaire du surréalisme à l’article « ready made »

Ce sont les regardeurs qui font les tableaux.

Faut-il réagir contre la paresse des voies ferrées entre deux passages de trains?

Un mauvais art est quand même de l’artcomme une mauvaise émotion est quand même une émotion.

J’ai simplement pensé à l’idée d’une projection, d’une quatrième dimension invisible …,
autrement dit que tout objet de trois dimensionsque nous voyons froidement,
est une projection d’une chose à quatre dimensionsque nous ne connaissons pas.

Peut-on faire des oeuvres qui ne soient pas «d’art»?

Lorsque quelqu‘un s’avise de mettre cinquante boîtes de soupe Campbell sur une toile, ce n’est pas le point de vue optique qui nous préoccupe.
Ce qui nous intéresse, c’est le concept qui fait mettre cinquante boîtes de Campbell sur une toile.

Un tableaumême abstraitest de l’art dès qu’on accepte de le regarder comme un tableau, un readymade est tout simplement de l’art.

« Tout ce que j’ai fait d’important pourrait tenir dans une petite valise. » (Marcel Duchamp, interview au magazine Life, avril 1952)

Le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût.

L’art est une chose beaucoup plus profonde que le goût d’une époque.
Le goût est une source de plaisir, l’art n’est pas une source de plaisir, c’est une source qui n’a pas de couleurpas de goût.

Le titre est une couleur apporté à l’oeuvre.

Un commentaire

  1. Il faut savoir prendre Duchamp et la poudre d’escampette.

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