lydie arickx

peintures sur toile émerie, de Lydie Arickx, à la Conciergerie
A propos de son exposition à la conciergerie, on peut d’abord rappeler ce qu’elle pensait de la création lors d’un entretien avec Christian Noorbergen:
« La création, c’est celle du matador dans l’arène. Le taureau ne meurt qu’une fois. L’artiste meurt plusieurs fois par jour. L’explorateur est celui qui sait désapprendre. Le savoir, c’est la mort. Ce que tu sais n’est qu’un achèvement, un enterrement. La création eest une éternelle renaissance. Le créateur se confronte à l’impossible, à l’abîme. Il n’y a pas de parachute. S’il y a un contrefort, c’est fini ».
 
 

 
"Old Sarum" 1834 Olivier Kaeppelin est le commissaire de l’exposition de la Conciergerie. Des œuvres récentes sont accrochées dans les salles magnifiques de la Conciergerie.

L’exposition est aussi une performance : des vidéos sont projetées sur le mur, et plusieurs fois chaque jour durant toute l’exposition, Lydie Arickx, en direct, peint devant les spectateurs. L’œuvre exposée n’est plus seulement ce qui est accroché et que nous arrêtait d’abord, mais le spectacle de sa création. Elle mêle tout, corps, orages, ciels, pour livrer sa vision du cosmos. Les toiles sont faites pendant l’exposition. elle vit le réel comme une expérience.

"Old Sarum" 1834 Cette exposition annonce l’œuvre magnifique réalisée sur les murs de la galerie Point rouge à St Remy de Provence. Sur les murs d’une des chambres de Olivier et Jean-Michel Warin, Lydie Arickx peint à nouveau sa vision monde. Les corps s’enchevêtrent. Ils semblent parfois se battre ou au contraire se caresser?
On ne peut longtemps rester dans l’interrogation. Les croquis qu’elles sort de ses carnets et de son imaginaire sont ceux des fresques de l’apocalypse selon Roger van der Weyden. Sa vision eschatologique s’applique à notre temps comme chez Kandinsky ou d’autres artistes expressionnistes du début du XXe siècle. Lydie me dit bien combien toutes les réflexions qu’on peut mener sur ce qu’il faut dire ou ne pas dire, ou sur le style qu’il faut ou non adopter, sont de peu de poids face à la force du langage de chacun. Chacun doit, selon elle, puiser au fond de son humanité la force de d’inventer ses images et la façon de les montrer. Ces propos semblent répondre à ceux de Jean Clair (dans le chapitre suivant de mon questionnement sur l’expressionnisme). Dans un long entretien que j’ai maintes fois repris avec Lydie, je me demandais quel langage adopter pour dire notre questionnement du monde.

Chacun de nous vit avec ses images mentales qui racontent un univers. Kandinsky parle de nécessité intérieure. Il la définît comme une conjonction entre ces images individuelles avec le langage de son temps et du lieu culturel dans lequel il travaille. L’artiste a choisit un langage pour les extérioriser. C’est sa force et sa responsabilité!

La salle de bain attenante à cette chambre présente ma vision, comme un contrepoint à celle de Lydie Arickx : Actéon y est le héros de scènes mythologiques où son amour fou pour Diane aperçue avec ses nymphes au fond d’une forêt, cause sa mort. il est dévoré par ses chiens qui ne reconnaisent plus leur maître lorsque Diane l’a transformé en cerf.
Cette salle de bain est pour moi un temple édifié à l’amour impossible. Amour impossible d’Actéon pour la déesse de la chasse, amour impossible aussi de Parmigiano pour l’épouse de son commanditaire dans les célèbres fresques qu’il réalisa sur ce thème près de Parme, amour impossible de chacun de nous. Sous des carreaux que j’ai posé avec Jean-Michel j’ai glissé de nombreuses histoires que m’ont confié des amis, des élèves, des clients de la galerie, des membres de ma famille, ou simplement des inconnus de passage dans la galerie. Je voulais ainsi que la salle de bain deviennent l’écrin de nos amours impossibles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • Archives

  • Catégories

  • Recherche